Apple pourrait bientôt renouer avec Intel. Selon plusieurs sources américaines, Cupertino discuterait avec l’ex-fournisseur historique des Mac afin de produire certaines puces Apple Silicon aux États-Unis, dans un contexte de tensions sur les capacités de fabrication et de guerre mondiale des semi-conducteurs.
Intel is back
Le divorce entre Apple et Intel n’était peut-être pas aussi définitif qu’on le pensait. Selon The Wall Street Journal, les deux groupes auraient conclu un accord préliminaire autour de la fabrication de certaines puces destinées aux produits Apple. Voilà bien une information surprenante, alors que Cupertino avait tourné la page Intel avec fracas en 2020 grâce au lancement des puces Apple Silicon.
Depuis cette transition historique, Apple a largement démontré le succès de sa stratégie maison. Les Mac équipés des puces M1, puis M2, M3 et désormais M4, ont permis à la firme de reprendre un avantage considérable sur le marché des ordinateurs portables, notamment en matière de performances par watt et d’autonomie.
Apple cherche à diversifier sa production
Mais aujourd’hui, Apple dépend très fortement de TSMC pour la fabrication de ses processeurs. Le fondeur taïwanais produit l’immense majorité des puces Apple Silicon, que ce soit pour les iPhone, les iPad ou les Mac.
Or, on le sait, plusieurs éléments poussent Cupertino à envisager des alternatives : les tensions géopolitiques autour de Taïwan, la saturation des capacités de production avancées, et la volonté des États-Unis de relocaliser une partie stratégique de l’industrie des semi-conducteurs.
Selon Bloomberg et Mark Gurman, Apple aurait récemment entamé des discussions exploratoires avec Intel et Samsung afin d’évaluer la possibilité de produire certaines puces directement aux États-Unis.
L’arrivée de Lip-Bu Tan à la tête d’Intel en mars 2025 semble également avoir changé la dynamique. Le groupe tente désormais de redevenir un acteur majeur de la fabrication de puces pour des entreprises tierces, à l’image de TSMC.
Des puces Apple fabriquées par Intel ?
Pour l’instant, aucun détail concret n’a filtré sur les produits concernés. Le Wall Street Journal précise même qu’il reste incertain de savoir quels appareils Apple pourraient utiliser des puces produites par Intel. Il ne s’agirait d’ailleurs pas forcément de processeurs comme à l’époque des anciens Mac Intel, mais plutôt de composants Apple Silicon fabriqués dans les usines Intel.
Ainsi, Apple pourrait conserver ses propres architectures, tout en changeant de partenaire industriel pour la gravure. L’analyste Ming-Chi Kuo estimait déjà l’an dernier qu’Intel pourrait commencer à produire les puces M les plus abordables d’Apple dès 2027.
Qu'en penser ?
Le revirement n'en est pas moindre... Apple avait bâti une partie de sa communication sur la supériorité des Apple Silicon face aux processeurs Intel. Revoir les deux entreprises collaborer quelques années plus tard montre à quel point les enjeux industriels dépassent désormais la simple rivalité technologique.
Pour Apple, l’objectif semble surtout être de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement et de réduire sa dépendance à TSMC. Pour Intel, décrocher un contrat avec Apple représenterait au contraire une validation majeure de sa stratégie de relance dans la fabrication de semi-conducteurs avancés. Et dans un contexte où l’IA fait exploser la demande mondiale en puces, chaque capacité de production devient désormais un actif stratégique.